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Vous pouvez télécharger le rapport One Voice et le diffuser

Pour information.
http://www.onevoice-ear.org/fr/article/pour-en-finir-avec-les-experiences-sur-les-primates-en-neurologie


Vous pouvez télécharger le rapport One Voice et le diffuser .


Merci à tous,


Amitiés,


Michèle Scharapan


 

Pour en finir avec les expériences sur les primates en neurologie

Peut-on se passer des expériences sur les primates dans la recherche en neurologie ? La réponse est Oui ! André Ménache, docteur vétérinaire, en fait la démonstration dans un rapport publié par One Voice.

En finir avec l’expérimentation animale, c’est l’un des combats majeurs de One Voice. Depuis des années l’association fait entendre la voix des millions d’animaux martyrisés et sacrifiés au nom de la science. Non seulement parce qu’au XXIème siècle, la technologie, en particulier, offre de merveilleuses perspectives d’avancées scientifiques avec par exemple les expériences in vivo ou les techniques d’imagerie non-invasives. Mais aussi parce que les expériences sur animaux « ne résistent pas à un examen scientifique » comme vient de le démontrer André Ménache dans un rapport consacré aux expérimentations sur les primates dans la recherche en neurologie.


Des différences majeures
Le vétérinaire, également directeur exécutif d’Antidote Europe, rappelle tout d’abord une vérité scientifique : le cerveau humain est bien différent de celui des primates non-humains, tant dans son anatomie que dans son fonctionnement. Par exemple, « le cortex humain fait 10 fois la superficie de celui du singe, un neurone humain crée entre 7 000 et 10 000 synapses (connexions), chez le singe rhésus ce nombre se situe entre 2 000 et 6 000… » Puis, à partir d’une sélection d’exemples parmi les maladies neurologiques les plus « médiatiques » du moment, comme les maladies d’Alzheimer, de Parkinson, l’autisme, etc., et appuyés par les propos de nombre d’experts du sujet, André Ménache dresse le bilan scientifique de plusieurs décennies de recherches réalisées sur les primates.  


Échec du modèle animal
Résultat : le lourd tribu payé par nos cousins –macaques, ouistitis et autres lémuriens- n’a servi, en la matière, à rien ou presque. Pire, ce qui nous est parfois présenté comme une avancée majeure était déjà expérimenté chez l’homme depuis une quarantaine d’années. C’est notamment le cas de l’utilisation de la stimulation cérébrale profonde dans la maladie de Parkinson. Selon un groupe de scientifiques qualifiés, le ouistiti a été utilisé de façon improductive pendant des décennies dans la recherche sur la prévention de l’AVC. Les recherches menées sur la maladie d’Alzheimer témoignent également du « monumental échec du modèle animal ». Rien d’étonnant pour le Dr Kellie Hechman, pour qui les recherches effectuées sur le microcèbe, petit lémurien, sont « biaisées d’avance ». L’animal est, par exemple, très sensible aux cycles de lumière et une altération de ceux-ci peut le conduire à vieillir prématurément. L’enfermement et les conditions de détention pourraient aussi contribuer au développement anormal du cerveau chez les animaux. Ce qui est vrai pour le microcèbe l’est également pour les autres primates non-humains. Enlever des animaux à leur milieu naturel et les condamner à une vie dépourvue d’enrichissements environnementaux et des interactions sociales nécessaires à leur développement conduit à faire des recherches sur des animaux atteints de troubles du comportement. Même les chercheurs qui utilisent des animaux pour leur recherche reconnaissent les effets et les symptômes très négatifs créés par la séparation familiale, l’isolement et l’ennui, qui s’ajoutent à la douleur et aux souffrances infligées à ces animaux lors des expériences. Certains d’entre eux font même part du conflit moral auquel ils sont confrontés lors des expériences sur primates.


La promesse technologique
Sur un plan éthique comme scientifique, plus rien ne justifie la poursuite de ces expériences. Selon certains sondages, 80 % des citoyens de l’Union européenne se sont d’ailleurs prononcés contre « presque toutes les expériences sur les primates ». En neurologie, nombre d’alternatives à l’expérimentation animale existent aujourd’hui comme le rappelle le Dr Aysha Akhtar, médecin et chercheur en neurosciences, en citant « l’imagerie et des outils neurophysiologiques pour cartographier et comprendre le fonctionnement du système visuel et d’autres systèmes neurologiques humains ». Ou encore le professeur en imagerie Paul Furlong qui parle, par exemple, des « réelles opportunités qu’offrent la magnétoencéphalographie (MEG) et l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) ». Auxquelles on pourrait ajouter l’électro-encéphalographie (EEG) et même la tomographie par émission de position (TEP).


L’exemple du modèle juridique suisse
Reste que la loi n’a pas été mise en accord avec l’évolution de la société et des connaissances. L’Europe vient récemment encore de céder aux lobbies pro-expérimentation animale en ne remettant pas en cause, lors de la révision de la Directive européenne 86/609CEE, les conditions d’autorisation et de contrôle des expériences menées sur les animaux. Ainsi, environ 10 000 primates pourront continuer à être sacrifiés chaque année dans l’UE sans qu’un examen préalable, pour déterminer si une méthode sans animaux est disponible, ne soit réalisé. À nos frontières, la position de la Suisse sur le sujet offre un exemple à suivre. Le droit helvète exige en effet qu’avant qu’une expérience soit autorisée, ses bénéfices pour la société sont évalués en regard des souffrances infligées aux animaux. En 2009, deux expériences prévues sur des macaques ont ainsi été interdites par la Haute Cour de Zurich. Dans ce même canton, les licences attribuées pour l’expérimentation animale peuvent être contestées par un comité consultatif d’experts externe à l’expérience, ce qui garantit non seulement l’indépendance des décisions mais également la confrontation des idées.
 

L’arme législative
Pour l’auteur du rapport « les arguments scientifiques contre les expériences sur les primates ont déjà gagné. Il est maintenant question d’une bataille médiatique pour gagner le soutien de l’opinion publique. » Et c’est sur le terrain juridique que cette bataille se jouera. Même si elle est loin de préserver la « dignité des animaux », la loi européenne permet d’attaquer en justice une expérience sur un animal dès lors que «des données équivalentes peuvent être obtenues par une méthode n’utilisant pas d’animaux. » Tous ceux qui défendent l’idée d’une science respectueuse du vivant doivent donc saisir chaque occasion « pour exploiter à fond cette avancée juridique ». La vulgarisation de l’information et la mise sur la place publique du débat qui divise le milieu scientifique contribueront sans aucun doute à mettre en cause le modèle animal et à légiférer sur de nouveaux droits pour les animaux, en général, et les primates, en particulier. En publiant ce rapport, One Voice participe à ce combat.

 

            Rapport
              Le remplacement des
              primates dans la recherche
              en neurologie
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