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Appel à manifester contre l'expérimentation animale le 25 septembre 2010
Le mercredi 8 septembre 2010, à Strasbourg, le Parlement Européen a approuvé en
10 minutes (de 12:05 à 12:15), le texte final pour la Directive 86/609 qui
réglemente l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques.
Une mise aux archives hâtive pour un texte hautement controversé.
Les amendements et la demande de renvoi à la Commission présentés par les Verts
ont été rejetés, ce que les parlementaires européens expliquent comme il suit: «
Il y a une différence entre la dignité des animaux et celle des êtres humains;
il y a des hiérarchies qui doivent être observées. Non aux contrôles excessifs
qui contrarient la recherche, nous ne devons pas nuire aux intérêts de
l'industrie ».
Les positions de l’opinion publique, qui s’est manifestée sous forme de
pétition(s) par des dizaines de milliers de signatures, et dont les Verts
s’étaient portés ambassadeurs, ont été jugées par nos députés comme étant "extrémistes",
"dictées par l'émotivité" ou encore "démagogiques". Néanmoins, nous
rassurent-ils, les signatures n'auront pas été vaines: elles ont au contraire
ébranlé les consciences des parlementaires, ce qui les a finalement encouragés,
disent-ils, à voter pour le bien collectif.
Suite au rejet de la demande de renvoi, plus de 40 députés se sont levés
avant le vote en signe de protestation; pourtant l'approbation de la mesure
s’est effectuée quelques instants plus tard, l'assemblée de Strasbourg se
prononçant majoritairement en faveur de la nouvelle version de la directive.
Le texte proposé dans sa première version, en novembre 2008, était très innovant
comparé à sa version de 1986 (bien que peu compatible avec l’optique
abolitionniste), et présentait de nombreuses améliorations en matière de tutelle
et "bien-être" des animaux de laboratoire. Malheureusement, au cours des mois,
plusieurs passages du texte ont été remaniés jusqu’à péjoration du sort des
cobayes.
Parmi les articles les plus négatifs de cette nouvelle directive nous
trouvons:
- La possibilité de pouvoir recourir aux chats et chiens errants.
- La possibilité d'utiliser une espèce en voie d'extinction et/ou capturée en
nature, en particulier les primates et les grands singes.
- Le recours à la suppression par inhalation d'anhydride carbonique comme
méthode de meurtre de référence, définie par la loi comme "humanitaire", mais
qui en réalité provoque des niveaux de souffrance hauts et prolongés (fait
reconnu scientifiquement).
- La possibilité d'effectuer des essais sans anesthésie, également valable pour
des essais hautement douloureux.
Les méthodes substitutives, pourtant disponibles, ne sont pas encouragées par
la nouvelle Directive, car jugées scientifiquement insatisfaisantes (!), et de
ce fait, reléguées depuis hier à initiatives facultatives.
Elisabeth Jeggle du Parti Populaire Européen, auteur de la nouvelle
proposition, a déclaré que "les nouvelles règles réalisent un compromis entre
les droits des animaux et les exigences de la recherche."
Paolo De Castro, président de la Commission de l’Agriculture au Parlement
européen, a souligné qu'un "bon compromis a été atteint, sur un texte
raisonnable qui représente un progrès par rapport aux règles de 1986, dans le
respect des exigences scientifiques."
Non. La nouvelle directive n’est pas un bon compromis entre les exigences de
l'industrie et de la recherche d'un côté, et celles de la protection des animaux
de l'autre. Au contraire, elle est un pas déplorable qui ne fait point avancer
l'Europe, ni sur le terrain de la recherche scientifique ni sur celui de la
santé humaine et animale.
En conséquence, le samedi 25 septembre une manifestation simultanée aura lieu
à Rome et à Paris. Rendez-vous Place St Germain des Prés (métro: St Germain des
Prés, ligne 4) à 15:00, pour une marche jusqu'au siège français de la Commission
Européenne.
"Le monde n'avance que grâce à ceux qui s'y opposent." Goethe