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Arguments de la biologie

(http://www.animalliberationfront.com/ALFront/FAQs/biology_faq.htm )

Arguments de la biologie

33. Puisque les humains sont au pinacle de l’évolution ; cela ne leur donne t-il pas le droit d’utiliser les animaux à leur fins ?

Nous avons ici l’exemple d’un argument parmi d’autres qui tente de tirer des conclusions morales en partant d’observations scientifiques. Dans ce cas-là, la science devient incertaine et la conclusion morale douteuse. Commençons par nos pencher sur la science.

La question sous-entend que l’évolution a fait naitre un classement linéaire de l’adaptation, une échelle avec les insectes et autres espèces “inférieures” en bas, et les humains (bien entendu !) en haut. Cette idée a commencé en tant qu’un système évolutionnaire plus large, aujourd’hui contesté, qui porte le nom de Lamarckisme. La théorie de la sélection naturelle de Charles Darwin a renversé ce système, en effet, il était pour lui question d’un éventail d’espèces évoluant toutes pour s’adapter au mieux à leur environnement. Partant de ce point de vue, l’idée de pinacle n’est plus clair : en effet, les humains se sont bien adaptés à leur niche (bien que beaucoup penseront le contraire en se référant à leur exploitation sans modération des ressources de la planète) mais les bactéries aussi se sont ainsi bien adaptées à leur niche. Peut-on vraiment dire que les humains se sont mieux adaptés à leur milieu que les bactéries ? Et en tenant compte de la grande différence entre les niches, que faut-il comprendre ?

Probablement, le sens du mot"pinacle" dans la question signifie que les humains excellent dans certains aspects et qu’une échelle peut être créée en partant de ceux-là. Par exemple, sur l’échelle des capacités mentales, les humains sont bien au-dessus des bactéries, mais en passant à un autre aspect, nous obtenons des résultats bien différents : les bactéries sont "au pinacle" lorsque nous nous référons à leur capacité à se reproduire. Les oiseaux, quant à eux, sont "au pinacle" de par leur capacité à voler.
Penchons-nous à présent sur les morales. En laissant de côté la discutable idée de pinacle de l’évolution, admettons que les humains soient placés en haut de l’échelle de l’intelligence. Cela nous donne t-il le DROIT de faire ce que nous voulons des animaux à cause de leur infériorité intellectuelle ? Une réponse affirmative ouvrirait la boite de Pandore : cela signifierait-il que les humains peuvent aussi exploiter comme ils le souhaiteraient les humains moins intelligents qu’eux (devons-nos être les esclaves des Einstein de ce monde) ? En considérant un autre aspect, est-ce que les hommes physiquement forts peuvent abuser des faibles ? Seules les personnes sans coeur accepteraient ce principe. --AECW

VOIR AUSSI : 34, 37
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34. Les humains sont au sommet de la chaîne alimentaire; leur est-il permis de tuer et de consommer ce qu’ils veulent ?

Non, autrement les potentiels cannibales dans notre société pourraient de la même façon défendre leurs pratiques. Pouvoir faire ne signifie pas avoir le droit de faire. Nous avons beaucoup de pouvoirs sur d’autres êtres, mais plus nous disposons de pouvoirs et plus nous avons de responsabilités, comme tout parent le dirait.

Les humains sont au sommet de la chaine alimentaire car ils ont CHOISI de consommer de la viande d’animaux non humains. Il est question de tautologie dans la question. Si nous choisissons de ne pas consommer de viande animale, nous ne serons pas au sommet de la chaine alimentaire.

L’idée que la supériorité dans un trait confère des droits sur les êtres inférieurs est écartée dans la question 33. –AECW

VOIR AUSSI : 33
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35. Les animaux sont juste des machines; pourquoi se soucier d’eux ?

En remontant à plusieurs siècles, le philosophe René Descartes avait développé l’idée que tous les êtres non humains étaient des automates incapables de ressentir la douleur. Les philosophes qui ont suivi pensaient que le cri qu’ils poussaient était simplement un réflexe, comparable à la réaction que l’on pourrait obtenir d’une poupée mécanique. Par conséquent, ils ne voyaient pas d’objections à réaliser des expériences sur les animaux sans anesthésie. Horrifiés, les observateurs ne devaient pas prêter attention au cri des animaux.

Cette idée est aujourd’hui réfutée par la science. Les animaux ne sont pas plus de “simples machines” que ne le sont les humains. La science reconnaît l’existence de similitudes biologiques entre les êtres humains les êtres non humains. Charles Darwin avait écrit que les différences entre les humains et les autres animaux sont des différences de degré, et non de genre. Etant donné que les humains et les êtres non humains évoluent depuis des millions d’années et qu’ils sont tous deux dotés d’un système nerveux et d’organes similaires, il n’y a pas de raison de penser que notre vie émotionnelle et mentale ne puissent être partagée avec d’autres espèces animales (en particulier les mammifères). --LK

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36. Pourquoi serait-il mal pour les humains de tuer des animaux et de les consommer si dans la nature les animaux le font entre eux ?

La plupart des animaux ne pourraient pas survivre s’ils ne tuaient pas pour se nourrir, ce qui n’est pas le cas pour nous, et nous nous porterons même mieux sans consommer de viande. Aussi, nous ne prenons pas exemple sur les animaux dans d’autres domaines, pourquoi le devrions-nous dans ce cas précis ?

Les prédateurs doivent tuer pour leur survie, les humains, au contraire ont la possibilité de choisir, la viande n’est pas nécessaire à leur survie.

Les humains diffèrent des animaux non humains dans leur capacité à concevoir un système de morales et d’agir en fonction de cela ; nous ne devons donc pas nous attendre à l’existence d’un guide moral chez les animaux non humains. La philosophie DA affirme qu’il est mal pour un humain de tuer et de consommer un non humain sensible comme il est mal de tuer et de manger un humain sensible.
Pour démontrer l’absurdité de s’attendre à trouver un guide moral chez les animaux non humains, penchons nous sur ces variantes de la question :

"dans la Nature, les animaux se dérobent la nourriture entre eux ; pourquoi serait-il mal, chez les humains de voler ?»

"Dans la Nature, les animaux tuent et mangent des humains ; pourquoi serait-il mal pour les humains de tuer et de consommer des humains ?" --DG

VOIR AUSSI: 23, 34, 64
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37. La sélection naturelle et le Darwinisme sont présents dans le monde ; ne serait-il pas irréaliste d’essayer de contrer ces forces ?

En supposant que les concepts des droits des animaux dans un sens rejoignent le darwinisme, la question fait allusion au sélectif fatalisme moral : notre sens de la moralité n’est clairement pas modelé sur les lois de la sélection naturelle. Pourquoi alors se sentir vulnérable face à certains de ses effets et pas face à d’autres ?

La domination du sexe masculin, la xénophobie, et la guerre sont présentes dans de nombreuses sociétés humaines. Devons-nous nous aventurer à dire qu’il existe de mystérieuses forces universelles, et que nous devons nous résigner de tenter d’aller à leur encontre ? Pour être plus direct, lorsqu’une personne tombe malade, faut-il l’abandonner pour être en accord avec le principe de la «survive du plus fort" ? Nous ne l’abandonnons pas, comme nous ne souffrons pas non plus de nos efforts pour aller à l’encontre de la sélection naturelle

Il n’y a aucune raison de penser que les implications pratiques de la philosophie des droits des animaux s’adaptent mal aux humains. Car au contraire, et pour des raisons détaillées dans cette rubrique FAQ, respecter les droits des animaux apporterait en retour des avantages à l’Homme tels que des pratiques agricoles plus raisonnables, ainsi que de meilleures politiques pour l’environnement et notre santé. --AECW

Le darwinisme conduit à substituer l’idée d’organismes individuels par l’idée d’espèces immuables. Dans la philosophie DA, l’individualisme moral substitue l’idée que les organismes doivent être traités en fonction de leurs capacités individuelles, par l’idée (ancienne idée) que c’est l’espèce qui entre en compte. Ainsi, l’individualisme moral est en accord avec la théorie évolutionnaire. --DG

VOIR AUSSI: 63-64
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38. Le DA ne s’oppose t-il pas à la philosophie de l’envronment (telle que décrite, par exemple, dans "Deep Ecology") ?

Non. A travers de nombreuses questions de la rubrique FAQ, et aussi à travers de nombreux ouvrages cités dans la question 92, il a été clairement expliqué que la philosophie et les objectifs du DA sont complémentaires des objectifs du principal mouvement pour l’environnement. Michael W. Fox voit le DA et l’environnementalisme comme deux volets d’une dialectique qui réconcilient la préoccupation pour les droits des individus (humain et non humains) avec celles pour la préservation de la biosphère.
Certains pensent qu’une moralité base sur des droits individuels est nécessairement opposée à une moralité basée sur des idées environnementales holistiques, tel que la sanctité de la biosphère. Cependant, une morale environnementale qui attribue une forme de droits à tous les individus, incluant les inanimés, peut être développée. Une telle morale basée sur le respect des individus qui ont contribué à créer la biosphère, respecterait aussi la biosphère dans son ensemble, ce qui serait les objectifs de l’environnementalisme holistique. Il devient alors évident que les idées des DA ne sont pas nécessairement en conflit avec les idées holistiques.

En se référant au concept du « deep ecology » ou « écologie profonde » et de ses mauvaises influences sur le DA, Fox est persuadé que ces jugements sont sans fondement. Le texte suivant est extrait de "Inhumane Society", de Michael W. Fox. --DG

Les écologistes profonds soutiennent la philosophie de la préservation de l’abondance des ressources naturelles, de la diversité des plantes et des espèces animales dans des écosystèmes naturels... Les écologistes profonds s’opposeraient aux exploitations industrielles incontrôlées de la nature pour la raison que...écologiquement parlant, c’est fondamentalement insensé car cela favorise certaines espèces, entraîne des déséquilibres de la population et l’extinction d’espèces non désirables.
Dans l’ouvrage de Bill Devall and George Sessions s’intitulant "Deep Ecology", les auteurs parlent du philosophe DA,Tom Regan, qui comme d’autres philosophes "a exprimé le soucis qu’une morale écologique holistique...revêt une forme de totalitarisme ou de fascisme écologique"...cependant, en appendice George Sessions fait comprendre que les philosophes doivent travailler sur des solutions non totalitaires...et que "dans tous les cas, il sera requis une sorte de morale écologique holistique qui respectera l’intégrité de tous les individus (humains et non humains)".

Ironiquement, alors que les auteurs adoptent une position particulièrement critique à l’égard du mouvement DA, ils font référence à Arne Naess (le prétendu fondateur du mouvement deep ecology ,ou écologie profonde) qui avait en l’occurrence déclaré : "l’intuition d’égalité bio centrique est que tous les éléments de la biosphère ont le droit égal de vivre et de se développer pour atteindre leurs formes propres d’épanouissement et de prise de conscience de soi..." --Michael W. Fox (Vice Président de HSUS)

VOIR AUSSI: 28, 59
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