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Les animaux de divertissement

Celui qui aime à observer des singes derrière des barreaux se poursuivant les uns et les autres, un lion rongeant sa queue, ou un lézard attrapant des mouches, est précisément le genre d’homme dont la faiblesse mentale devrait être combattue aux frais de l’Etat, et non encouragée. - H.L. Mencken, 1918

L'animal cruel et sauvage ne se trouve pas derrière les barreaux de la cage. Il se trouve devant. Axel Munthe, écrivain et physicien suédois, 1857-1949.

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#69 Les zoos ne contribuent-ils pas à la sauvegarde d’espèces en voie de disparition ?

#70 Les animaux dans les zoos ne vivent-ils pas plus longtemps que ceux dans la nature ?

#71 Comment pourra-t-on observer les animaux sauvages et apprendre sur eux sans les zoos ?

#72 En quoi les cirques et les rodéos posent-ils problème?

#73 N’est-t-il pas vrai que les animaux n’exécuteraient pas de numéros s’ils n’étaient pas heureux ?

#74 Qu’en est-il des courses de chevaux ou de lévriers ?

Sujet complémentaire : Mes amis vont au cirque.

#69 Les zoos ne contribuent-ils pas à la sauvegarde d’espèces en voie de disparition ?

Les zoos ont souvent la prétention de s’identifier à des « arches », ayant comme objectif la protection des espèces dont l’habitat a été détruit ou la protection des espèces menacées (notamment par la chasse). Ils affirment pouvoir maintenir une espèce en captivité jusqu’à l’élimination des facteurs menaçant leur disparition. Après quoi, la réintroduction des animaux dans la nature pourrait se faire avec succès, et évoluerait une population en bonne santé et autosuffisante.

Face aux attaques des défenseurs des droits des animaux, il s’agit là d’un argument souvent repris par les zoos pour justifier leur existence.

Cependant, ce raisonnement manque de cohérence.

Tout d’abord, nous n’avons aucune certitude quant au nombre d’individus animaux nécessaires pour la conservation d’un patrimoine génétique. Il est même possible que le nombre soit assez important.

Si le patrimoine génétique des espèces en captivité est trop faible, alors les croisements entre individus consanguins peuvent augmenter les risques d’exposition aux maladies, aux malformations à la naissance, aux mutations. L’espèce peut même risquer d’être si affaiblie qu’elle ne pourrait survivre dans la nature.

Certaines espèces sont très difficiles à élever en captivité, c’est le cas des mammifères marins, de nombreuses espèces d’oiseaux.… Il est aussi bien connu que les pandas restent difficiles à élever en captivité, malgré des décennies d’efforts déployés dans les différents zoos dans le monde.

Par ailleurs, pour ces espèces, les zoos ont besoin de prélever un certain nombre d’animaux dans la nature pour alimenter leur programme d’élevage, ce qui affecte encore une fois la faune.

Les projets de restauration des habitats se heurtent à de sérieux obstacles. Les animaux victimes du braconnage (éléphants, rhinocéros, pandas, ours et autres encore) ne seront jamais en sécurité dans la nature tant qu’existeront les armes à feu, le matérialisme et la volonté de consommer des animaux. Les espèces menacées par la contamination chimique (comme les espèces d’oiseaux vulnérables aux pesticides et grenailles de plomb) ne seront relâchées que lorsque nous cesserons d’utiliser les substances en cause, et seulement après que les substances toxiques aient disparu de l’environnement. Mais les métaux lourds et certains pesticides étant à la fois persistants et bio accumulatifs, il faudrait attendre des décennies voire des siècles avant une possible réintroduction en toute sécurité.

Quand bien même ces problèmes pouvaient être résolus, demeureraient de sérieuses difficultés liées par exemple à l’empreinte humaine, la nécessité d’apprendre aux animaux à voler, à chasser, à construire des tanières et à élever leurs petits. Ces défis doivent être relevés un par un pour chaque espèce.

Et en partant des hypothèses les plus optimistes, seul un nombre très restreint d’espèces pourrait être préservé dans le monde. D’importantes contraintes sont apportées par le manque d’espace dans les zoos, les limites des ressources financières, et l’obligation de préserver un patrimoine génétique viable pour chaque espèce. Peu de zoos, par exemple, disposent de plus de deux individus pour une même espèce de grand mammifère. La conservation pourtant nécessaire de dizaines ou de centaines d’individus de certaines espèces serait au-delà des capacités du zoo, même du plus grand. Sans préciser que l’ensemble des zoos du monde aurait des difficultés à garder ne serait-ce que quelques dizaines d’espèces dans ces conditions.

Ceci est sans comparaison avec les grandes réserves qui permettent de garder une population viable d’ensembles complets d’espèces, avec une intervention minimale de l’Homme. Les grandes réserves maintiennent chaque espèce dans un écosystème autosuffisant et laissent les animaux évoluer dans leur habitat naturel. Si les ressources financières (de source publique ou privée) et les expertises biologiques actuellement accordées aux zoos étaient employées pour la préservation de l’habitat naturel et de sa gestion, nous rencontrerions beaucoup moins de problèmes quant à la restauration de l’habitat ou la préservation des espèces dont l’habitat a disparu.

En plus d’être onéreux et d’être d’une incertaine efficacité, considérer le zoo comme un moyen de conservation des espèces pose un sérieux problème éthique. Les animaux souffrent de la vie en captivité dans les zoos : il ne peuvent se mouvoir librement, ni avoir de contacts avec leurs semblables, ce qui est source de grande frustration pour les animaux sociables, les animaux ne peuvent pas non plus adopter des comportements naturels. Au final, les animaux souffrent d’ennui si ce n’est de névrose. Garder un animal en captivité en pensant à long terme pouvoir réintroduire l’espèce n’apporte en aucun cas une compensation pour l’animal en tant qu’individu. Cela reviendrait à sacrifier un individu au profit d’un individu abstrait . JE

#70 Les animaux dans les zoos ne vivent-ils pas plus longtemps que ceux dans la nature ?

Il est vrai dans certains cas mais ce sujet est hors de propos. Si un zoo décidait un jour d’exposer des êtres humains, on capturerait alors par exemple une paysanne d’un pays moins développé, et grâce à une alimentation régulière et à des soins médicaux fournis par le zoo, la paysanne en captivité vivrait plus longtemps. Cette pratique serait-elle acceptable ? Troquer la longévité contre la qualité de vie n’est pas forcément dans l’intérêt du concerné.

Les humains et les animaux ont de façon innée besoin d’être avec leur famille, de la protéger, et de jouir de leur liberté. Parfois, on sous-estime l’importance de ces besoins : Ce dont tous les êtres ont besoin. -- Craig

#71 Comment pourra-t-on observer les animaux sauvages et apprendre sur eux sans les zoos ?

Rien d’éducatif -- Les éléphants dans les zoos n’apportent aucune valeur éducative, affirme un expert.

Pour une réelle et complète connaissance des animaux sauvages, il n’y a rien de tel que de les observer dans leur habitat naturel. Les conditions dans lesquelles les animaux sont maintenus dans les zoos en particulier modifient de façon significative leurs comportements. Diverses solutions pratiques sont offertes dans un but éducatif : de nombreux documentaires animaliers sont régulièrement diffusés à la télévision, des supports vidéo sont également disponibles. Des émissions spéciales sur les chaînes télévisées publiques, et plusieurs chaînes câblées comme The Discovery Channel, apportent des informations exactes sur les animaux dans leur habitat naturel. Des magazines comme National Geographic proposent d’intéressants articles illustrés. Et enfin, les bibliothèques publiques sont une mine d’information.

Les zoos maltraitent souvent les animaux, en les enfermant dans de petits enclos ou des cages minuscules. C’est de l’injustice même et de la cruauté. La satisfaction aux comportements instinctifs et naturels de ces animaux est de force rendue impossible. Comment un individu peut prétendre être éduqué quand il accepte d’observer des animaux sauvages dans ces conditions ? JLS

« La beauté est sauvage, et libre », Henry David Thoreau, essayiste et poète

Voir aussi #69-#70

#72 En quoi les cirques et les rodéos posent-ils problème?

« Si ce n’est par l’usage des châtiments corporels de la part de leurs oppresseurs et par peur de ces derniers, les animaux ne feraient jamais partie d’un cirque. » Richard Pryor Acteur et comédien américain.

Traiter les animaux comme des objets pour notre divertissement, c’est les traiter sans le respect qu’ils méritent. Dégrader de cette manière nos cousins mammifères les plus intelligents, c’est se comporter comme nos ancêtres des siècles passés qui ignoraient tout de l’intelligence des animaux, de leur sensibilité, de leurs émotions, de leurs besoins sociaux, ils ne voyaient en eux que de simples bêtes. Perpétuer ces vieilles traditions, même si aucune cruauté n’était impliquée, signifie que nous tenons à rester ignorants et insensibles.

Seulement, la cruauté existe bien et est inhérente à ces spectacles. Dans les rodéos, il n’y a pas de spectacle sans que l’animal ne soit pris par la peur ou la douleur. Dans les cirques, les animaux souffrent surtout avant et après le spectacle. Souvent, des punitions leur sont affligées pendant les entraînements et endurent des souffrances physiques et psychologiques pendant les transports. Ils font des dizaines de milliers de kilomètres sur la route chaque année, souvent dans des conditions de températures extrêmes. Les tigres sont enfermés dans des cages exiguës, les éléphants enchaînés dans des wagons crasseux. Pour l’entrepreneur, les animaux ne sont que des outils de travail qui se remplacent lorsqu’ils ne sont plus utilisables. - DVH

David Cowles-Hamar, à propos des cirques, a écrit dans « Le Manuel des Droits des Animaux » (The Manual of Animal Rights) : « Il tout à fait évident qu’une forte dose de « persuasion » soit nécessaire pour obtenir des résultats, et à cette fin, les cirques emploient différentes techniques, parmi lesquelles, la privation de nourriture, l’isolement, l’intimidation, le musellement, l’administration de médicaments, le système de punition/récompense, l’enchaînement, le fouet, l’aiguillon électrique, le bâton, et les bruits de détonation… Les animaux de cirque souffrent des mêmes problèmes physiques et psychologiques que les animaux des zoos, présentant des comportements stéréotypés. Parmi les symptômes physiques peuvent être observés des irritations dues au frottement des chaînes, de l’herpès, une insuffisance hépatique, des maladies rénales, et parfois la mort… Beaucoup parmi eux deviennent malades à la fois physiquement et psychiquement. DG

Les rodéos américains consistent à attraper l’animal au lasso, à le chevaucher et à le maîtriser. Derrière cette performance de 8 secondes se cache des centaines d’heures d’entraînement non rendues publiques. De plus, les stressants déplacements permanents, souvent dans des véhicules mal ventilés et une mauvaise application des règles de déchargement, de distribution de nourriture et d’eau pendant le voyage contribuent à une vie de misère pour ces animaux.

Comme la moitié des points du cavalier est basée sur la qualité des ruades du cheval ou du taureau, les cavaliers encouragent une chevauchée sauvage en tirant sur une bride, fermement serrée autour des reins de l’animal. Des aiguillons électriques et des coups d’éperons sont également utilisés pour stimuler un comportement sauvage. Les blessures vont de simples ecchymoses et de brisures d’os à la paralysie, à la section des trachées ou à la mort. La moelle épinière des veaux peut se rompre lorsqu’ils sont forcés à s’arrêter brutalement pendant une course à 50km/h. Il arrive que le fait de plaquer ces animaux au sol pendant les représentations provoque la rupture des organes internes, entraînant une longue agonie précédant la mort.

Le Dr C. G. Haber, un vétérinaire de 30 années d’expérience en tant qu’inspecteur des viandes pour l’USDA, ministère de l’agriculture américain, affirme : « Les animaux de rodéos sont envoyés dans des usines de conditionnement ; j’ai pu y voir des mutilations tellement étendues que les seuls endroits où la peau tenait encore étaient la tête, le cou, les pattes et l’abdomen. J’ai vu des animaux avec six ou huit côtes rompues au niveau de la colonne vertébrale et perforant parfois les poumons. J’ai vu jusqu’à 7 ou 10 litres de sang accumulé sous la peau détachée. » JSD

#73 N’est-t-il pas vrai que les animaux n’exécuteraient pas de numéros s’ils n’étaient pas heureux ?

Les questions #72 et # 73 exposent les mauvais traitement des animaux utilisés pour le divertissement.

Depuis des siècles, nous savons que la punition peut persuader un animal à travailler. Le système judiciaire est basé sur la raison chez l’Homme qui relie un crime ou un délit à une punition. Beaucoup de religions reposent également, entre autres, sur la crainte du châtiment. La peur incite à agir correctement, et cela s’applique également chez les animaux. De nombreuses années d’expériences psychologiques inutiles et répétitives, avec des outils comme la boîte de Skinner, ont démontré que les animaux sont amenés à agir d’une certaine façon (c'est-à-dire à être conditionnés) par crainte des décharges électriques ou autres punitions.

Il faut juste que les besoins nutritifs de base des animaux soient comblés, autrement ils tomberaient malades et mourraient. Mais ils n’ont pas besoin d’être «heureux » pour faire leurs tours, en effet, la menace d’une punition ou l’appât d’une récompense (de la nourriture par exemple) suffisent. JK.

Voir également #14, #51, #72, #74

#74 Qu’en est-il des courses de chevaux ou de lévriers ?

Faits : courses d’animaux.

Les courses sont un exemple de l’utilisation abusive des animaux pour le simple divertissement et le plaisir, en total mépris des besoins de ceux-ci. Le plaisir est essentiellement suscité par des paris sur les résultats de la course. Rares sont les parieurs qui manifestent un intérêt pour l’animal. La présence des joueurs sur les champs de course a nettement diminué quand est venue la possibilité de parier à distance.

Si certains champions, chiens et chevaux, sont entretenus dans de bonnes conditions, ce n’est pas le cas pour la majorité. En plus des éléments de base nécessaire à leur survie, d’autres sont introduits pour provoquer de meilleures performances (ou pour arranger une défaite, dans certains cas) : médicaments, stimulis électriques, fouets etc.… Alors que nombreuses de ces pratiques sont illégales, des rapports dévoilent des fraudes régulières. La logique veut que là où l’argent abonde comme dans les courses, la tentation aux fraudes est tout aussi grande.

Pour les chevaux, la piste elle-même est dangereuse, les chutes et fractures sont courantes dans les courses de plat et d’obstacles. Souvent, les chevaux estropiés sont drogués afin qu’ils continuent à courir, avec le risque d’aggraver les blessures.

Et au final, si l’animal ne remporte pas la course, ou s’il ne parvient pas à atteindre un niveau de performance suffisant, le propriétaire s’en débarrasse. Les chevaux les plus chanceux finissent dans une maison où ils seront bien traités et respectés, mais l’équarrissage est une option courante (un équarisseur est un fournisseur de produits dérivés des bêtes vieilles et épuisées). De telles maisons pour les lévriers sont rarissimes. Récemment une nouvelle pratique est apparue: des propriétaires de chevaux de course tuent leur animal pas assez performant ou dont l’heure de gloire est passée, afin de toucher de manière frauduleuse des dommages d’assurance. JK

« Les chevaux de courses sont sujets à une maladie appelée hémorragie pulmonaire induite par l’effort (EIPH, en anglais). Elle se caractérise par la présence de sang dans les poumons et la trachée du cheval à la suite d’un effort intense. Une étude australienne a montré que sur 1180 chevaux, 42% souffraient de cette maladie. « Un grand pourcentage de chevaux de course souffre de boitement. Les fractures du genou sont communes, tout comme les problèmes aux ligaments, les entorses, et les courbatures musculaires.

« Le steeple-chase est conçu pour faire chuter les chevaux, causant parfois la mort du cheval soit en se brisant la nuque, soit par euthanasie suite à une blessure « irréparable». – David Cowles-Hamar

VOIR AUSSI : #72-#73